Annulation de la taxe sur les services numériques : repli stratégique ou erreur coûteuse?
Au lendemain de l’annonce par Ottawa de l’annulation de la taxe pour les grandes entreprises technologiques comme Amazon et Google, les opinions sont partagées quant aux impacts qu’une telle mesure pourrait avoir. Du côté des pragmatiques, on retrouve l’ancien premier ministre Jean Charest, qui siège au Conseil du premier ministre sur les relations canado-américaines. Selon lui, le recul du Canada était L’ancien premier ministre du Québec fait une analogie avec la pêche pour illustrer la situation d’Ottawa actuellement : Jean Charest (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers Le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a de son côté remercié le Canada sur les réseaux sociaux, affirmant que cette taxe aurait été La Maison-Blanche a réagi par la suite en affirmant L’annulation de la taxe sur les services numériques (TSN) est survenue juste avant l'échéance du premier paiement de la taxe pour les grandes entreprises technologiques réalisant plus de 2 millions de dollars de chiffre d'affaires au Canada, comme Amazon et Google, mais aussi Québecor. Les gains étaient évalués à 7 milliards $ sur 5 ans. Le président américain, Donald Trump, avait déclaré vendredi que les États-Unis mettaient fin à toutes les négociations commerciales avec le Canada en raison de cette taxe qualifiée d' Pour le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, le recul de Mark Carney est Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld Le chef intérimaire du Nouveau Parti démocratique, Don Davies, affirme sur les médias sociaux que la décision de mettre fin à la taxe sur les services numériques revient à Selon lui, l’ouverture de M. Carney au plan de défense antimissile Pour la Chambre de commerce du Canada, Sa suppression nous rapproche d'un accord commercial renouvelé et fiable avec l'administration américaine, qui contribuera à sécuriser et à accroître les échanges commerciaux déjà considérables de 3,6 milliards $ par jour entre nos deux pays. De son côté, la Chambre de commerce américaine au Canada (AmCham Canada) a évoqué Pour sa part, Benjamin Bergen, président du Conseil canadien des innovateurs, qui représente le secteur technologique canadien, indique dans un communiqué de presse que son organisation a soutenu la taxe, mais que la décision du gouvernement de l’éliminer est la bonne. Selon lui, la taxe était un En se retirant des négociations vendredi, Donald Trump avait aussi dénoncé les « tarifs » que le Canada impose, selon lui, sur les produits laitiers, semblant ainsi faire allusion au système de gestion de l'offre. Jean Charest ne croit toutefois pas que le président américain tentera de pousser son avantage jusqu’à demander la fin du système de la gestion de l’offre qui protège certains agriculteurs canadiens. L'ancien premier ministre du Québec compte en outre Avec les informations de La Presse canadienneune décision difficile
, mais aussi un repli stratégique
qui vise à garder M. Trump à la table de négociations avec un objectif plus grand : celui d’en arriver à un accord global avec les États-Unis d’ici le 21 juillet, qui réglerait notamment les litiges commerciaux touchant l'acier, l’aluminium et l’automobile où des milliers d'emplois sont en jeu.Parfois, il faut accepter un recul pour obtenir un gain plus important
, a expliqué M. Charest en entrevue à l'émission Tout un matin, sur ICI PREMIÈRE. C’est comme avoir un saumon de 40 lb au bout d’une ligne de 8 lb, il faut le remonter très lentement, être très patient
.
un obstacle majeur
à tout accord commercial avec les États-Unis.qu'une fois de plus le président Trump a exploité la puissance de l'économie américaine, la meilleure et la plus grande du monde, pour offrir une victoire aux industries et aux travailleurs américains
.« Très inquiétant »
attaque directe et flagrante
contre les États-Unis.Maintenant que cette taxe a disparu pour de bon, en échange, le premier ministre devrait insister pour que les États-Unis annulent immédiatement les droits de douane sur le bois d'œuvre. Nous devons obtenir des gains pour nos travailleurs dans le cadre de ces négociations
, a déclaré le chef conservateur Pierre Poilievre sur les réseaux sociaux.très inquiétant
. M. Blanchet a souligné que le premier ministre du Canada a déjà fait de lourds compromis en matière de défense, de frontières et de contre-tarifs, puis le voici en train de reculer sur une mesure consensuelle de protection de la culture, et toujours sans rien à montrer, aucun gain ni aucun progrès pour le Québec et le Canada
.
céder purement et simplement à Trump et à ses amis milliardaires
.Dôme d'or
de M. Trump et sa course pour atteindre le nouveau seuil de 5 % des dépenses de défense de l’OTAN, il semble de plus en plus que M. Carney avait les coudes levés pendant la séance de patinage d’avant-match – pour les laisser tomber une fois que le match a commencé
. Le milieu économique réagit
la décision d'éliminer la TSN est logique
. Selon l'organisation, cette taxe aurait pesé sur les consommateurs, les entreprises et les investisseurs canadiens sous forme de coûts plus élevés et aurait nui à notre économie à un moment critique
.une décision constructive qui permet aux deux pays de se concentrer sur le renforcement de leur partenariat économique
. . Les entreprises des deux côtés de la frontière comptent sur des politiques qui favorisent la certitude, la collaboration et la croissance à long terme, a dit Rick Tachuk, président de la Chambre. outil nécessaire pour garantir que les géants mondiaux de la technologie contribuent à leur juste part au Canada
et qu’elle était conçue pour mettre sur un pied d’égalité les entreprises locales qui opèrent dans une économie numérique en évolution rapide
. Les négociations officielles étant désormais dans l’impasse, l’annulation de la TSN est une mesure stratégique qui, nous l’espérons, contribuera à relancer le dialogue avec les États-Unis
, conclut M. Bergen. « À la fin, il faudra lui dire qu'il a gagné »
Tout d’abord, les États-Unis ont aussi des subventions dans certains secteurs
, a-t-il souligné en évoquant le sucre ou les pêcheries. Dans son premier mandat, M. Trump avait reconnu « la légitimité de la gestion de l’offre », a-t-il aussi rappelé. sur la réaction des marchés boursiers
, qui réagissent généralement mal aux menaces trumpiennes, pour rétablir l'équilibre. Mais peu importe le résultat de la négociation, à la fin, il faudra lui dire qu’il a gagné
, a conclu Jean Charest en précisant qu’en coulisses, les discussions avançaient assez bien
.
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